"Le Japon possède presque tout ce qui nous manque."

 

 

 

Le populaire Michel Pastoureau dit qu’il a limité son histoire de la couleur noire au cadre des sociétés européennes « pour ne pas écrire de bêtises ». Ce faisant, il invitait avec sagesse le présent ouvrage à apparaître un jour.

 

Partie de Chine et plus largement épanouie au Japon, l’appréciation du noir va à l’inverse du dogme occidental : représenter la non-lumière donne, en fait, la plus riche et la plus profonde des impressions visuelles, elle alimente rêverie, sensualité, pulsions artistiques, style de vie et spéculations de la philosophie, orientée par le shintô et le zen. Cette non-couleur serait donc plutôt la couleur absolue.
 

Du noircissement des dents à l’expressionisme abstrait, du vêtement  le plus aristocratique aux ombres de la maison traditionnelle, le livre raconte les diverses pratiques et significations que les siècles ont appliquées à cet idéal obscur qui accompagne et émeut si profondément le quotidien japonais. On ne s’étonnera pas qu’il en découle un message de portée universelle.

 

 

 

L’auteur est, depuis la fin des années 1970, devenu un familier des ressources traditionnelles de l’écriture chinoise et japonaise. Son expérience des fabrications de l’encre et des valeurs morales qui lui sont attribuées l’ont conduit à mener la présente enquête, qui n’avait jamais été tentée.
 

 

DESCRIPTIF : un ouvrage relié de 22 x 24 cm, sur papier blanc naturel (sans azurants optiques), comportant un texte d’environ 100 000 signes et une cinquantaine de clichés,. Le texte se trouve à droite et les images sur les pages de gauche ; une illustration en double page sépare les chapitres.
Il est mentionné :
« La rédaction de cet essai a bénéficié d’un concours du Centre national du livre ».

 

TABLE

I.        La bouche d’ombre

            Entrée en matière et accroche : la curieuse pratique de se peindre les dents en noir. Née de temps immémoriaux, elle change de signification plusieurs fois et existe encore, un peu.

II.       naissance du spectre

            Fixer une hiérarchie des couleurs date des premières années de la nation Japon. C’est le noir qui est alors choisi pour symboliser la sagesse, le savoir.

iii.      l’étoffe absolue

            Couleur de la sagesse, le noir est aussi celle de la noblesse, de la dignité et du secret (voyez les hommes noirs, acteurs invisibles du bunraku). Aujourd’hui encore, des artisans-teinturiers œuvrent pour le rendre encore plus obscur ; l’esprit de stylistes fameux s’abreuve à ce sacerdoce.

IV.      applications coutumières

            Faces. Façades. Façons gustatives...

V.       cœur de ténèbre

            Au pays des lettrés, la matière suprême est l’encre noire. Son étonnante fabrication reste attachée à des archaïsmes farouches, seuls garants de sa qualité subliminale et de sa durée, voire de sa pérennité.

vI.      le noir à l’œuvre

            Entre écriture et peinture, le pinceau du génie se ressource à l’encrier. Et, un jour, des moines zen du XVIIIe siècle inventent l’art moderne (lequel va déboucher sur l’expressionnisme abstrait de l’École de New York, entre autres lieux).

vIi.     être le néant

            Explorations : littérateurs, prêtres extravagants et philosophes modernes donnent à imaginer de quoi le vide est fait. Faudrait-il en informer les astrophysiciens ?
notes
Bibliographie

index général

 

 

 


 

 

 

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